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C'est dans ce contexte que se produit l'essor du christianisme, plus marqué dans le monde grec qu'ailleurs, et qui est en partie influencé par l'hellénisme bien qu'il soit issu du judaïsme (il prend largement appui sur les communautés juives des cités grecques). Les logiques des religions polythéistes (« païennes ») et monothéistes sont profondément différentes, en particulier autour des croyances sur le divin et la mort, des rituels (et notamment du principe du sacrifice public sanglant), de l'existence d'écrits sacrés, au point que la discussion entre les deux s'apparente souvent à un dialogue de sourds. L'essor du christianisme pose donc rapidement un défi à la religion et la pensée polythéistes. Le néoplatonisme émerge au IIIe siècle alors que le monde romain est secoué par une crise et débat avec ces nouveaux courants religieux qui affirment leur dynamisme. La pensée religieuse et philosophique prend alors un tournant qui se veut plus rationnel, transcendantal, tend au monothéisme, s'interroge sur la foi et la destinée individuelle. Toutes ces nouvelles approches s'intègrent plus difficilement dans le cadre traditionnel de la religion grecque antique. Il ne faut pas pour autant considérer que les cultes polythéistes soient figés durant l'Antiquité tardive, car ils ont connu leurs propres évolutions, en réaction ou non au christianisme : le sacrifice sanglant est supplanté par le sacrifice d'encens, les pratiques privées telles que les prières personnelles semblent connaître un essor, de même que le culte du génie, de la magie, la divination, la théurgie, etc.
Sources : fr.wikipedia.org
Mais au milieu du Ve siècle le christianisme est probablement devenu majoritaire et le polythéisme décline clairement. Les empereurs prennent des mesures visant à supprimer la religion grecque antique : proscription des sacrifices sanglants et des cultes polythéistes qui sont au fondement de la religion traditionnelle des cités grecques ; le dernier oracle de Delphes et les derniers jeux olympiques (antiques) dateraient de 393 ; Justinien ordonne l'obligation de baptême en 529, ainsi que la fermeture des écoles de philosophie. Les sanctuaires polythéistes sont parfois convertis en églises, à l'image de ce qui arrive au Parthénon d'Athènes vers 600. La christianisation passe en effet par une réappropriation de l'espace, par la construction d'églises, de cimetières, de lieux de culte aux saints et aux martyrs. Elle passe aussi par l'affirmation de nouvelles figures qui prennent une grande place dans la société, l'évêque et le moine, alors que l'empereur se dote d'une fonction de garant de l'orthodoxie. Le christianisme évolue au fil du temps, intégrant aussi des éléments des cultes polythéistes. Au départ confinés au cadre privé, les cultes chrétiens prennent progressivement une place dans l'espace public, civique, évinçant les cultes polythéistes. Ils concurrencent directement des pratiques polythéistes, comme l'indique le fait que le rôle des dieux guérisseurs est repris par les miracles des saints et moines itinérants, ces derniers rivalisant aussi avec les devins et magiciens populaires en milieu rural.
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Malgré l'essor de l'intolérance religieuse et quelques épisodes de violence, la coexistence entre différentes religions semble être dans l'ensemble plutôt pacifique. Les temples sont en général déconsacrés, abandonnés et ensuite utilisés comme carrières de pierre. Puis le christianisme s'impose définitivement par la christianisation progressive de tous les aspects de la vie quotidienne et privée (naissance, mariage, mort, calendrier liturgique), et le développement d'images religieuses chrétiennes une fois que celles célébrant les divinités polythéistes aient été expulsées des espaces publics. La fin des cultes polythéistes est difficile à tracer après la disparition des cultes publics. Des rituels aux relents « païens » sont encore dénoncés par des écrivains chrétiens durant l'époque byzantine. Mais il n'est pas assuré qu'il s'agisse de continuités des cultes et croyances polythéistes : il pourrait s'agir de pratiques populaires ne trouvant pas grâce aux yeux de l'élite, dénoncées comme non-chrétiennes afin de les condamner.
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== Croyances et pensées religieuses == Les anciens Grecs entretiennent des rapports avec une multitude de divinités, régis par un ensemble de principes que révèlent notamment l'étude de leur vocabulaire religieux, et celle des différentes pratiques religieuses assurant les contacts et les échanges avec le monde divin. Leurs croyances se passent de dogme et d'une orthodoxie, et de textes sacrés. Les croyances et la pensée religieuse ressortent principalement de leurs rites et attitudes rituelles, qui permettent de comprendre la manière dont sont conçues les relations entre les humains et les divinités, ce qui renvoie au caractère « ritualiste » de la religion grecque : « le formalisme de l'observation des rites renvoie à tout un système d'organisation qui structure la société humaine et ses rapports avec l'univers qui l'entoure » (L. Bruit Zaidman et P. Schmitt Pantel). Il est par suite courant de considérer que les rites priment sur les croyances, voire que raisonner en partant des questionnements sur la foi et la piété reviendrait à transposer une pensée moderne sur celle des Anciens. Cela explique la place secondaire qu'occupent les croyances dans de nombreuses études. En tout état de cause, quand bien même les rites sont le point de départ de la réflexion, les questionnements sur les croyances sont au moins essentiels pour comprendre comment les anciens Grecs donnent du sens aux rituels qu'ils accomplissent.
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